«La monstrueuse fantasmagorie qui l’environnait pesait sur lui comme une paralysie de cauchemar et son cerveau désorienté était incapable d’en saisir une signification qui ne soit pas dictée par ses divagations.»

La Cité sans nom, 1894

Le roman La Cité sans nom de Fergus Hume a été publié pour la première fois à Londres en 1894, soit 27 ans avant la courte nouvelle du même nom écrite par H.P. Lovecraft. Il n’y a aucune ressemblance entre les deux récits, excepté la recherche d’une cité perdue dont le nom est un mystère. L’histoire est une quête initiatique, une adaptation de la légende arthurienne avec la reine Guenièvre et le chevalier Lancelot. Dans le récit de Fergus Hume, le personnage principal dut empêcher une sorcière diabolique de s’emparer de la cité sans nom. Il échappa à maintes reprises à un sort funeste pendant son périple, sans pouvoir déjouer les plans de la sorcière. Néanmoins, il épousa la femme qu’il convoitait depuis le début du récit. Pour l’anecdote, il y a le nom d’une autre nouvelle de Lovecraft en guise de titre d’un chapitre du livre. Les extraits du récit sont traduits par Alice Pétillot.

« Les images énormes qui se dressaient là étaient sculptées dans le grès rouge, semblants grotesques de figures humaines. Elles inspiraient l’effroi plutôt que le rire et Challice savait d’expérience combien la terreur s’intensifiait avec l’obscurité.»

« Il s’éveilla aux réalités du présent comme au sortir d’un rêve agité. Il ignorait l’envergure du temps écoulé et ne comprenait pas davantage, pas encore, quelles étranges circonstances l’avaient placé dans cette situation. Alors qu’il s’était effondré sur une route accablée de soleil, il ouvrit les yeux sur l’embrasement d’un crépuscule régulièrement maculé par l’éclair vacillant des flammes. Une peau étalée sur la terre nue formait sa couche et les spasmes du feu révélaient une lourde voûte et des parois grossièrement sculptées. À chaque ondulation de lumière, des faces grotesques s’extrayaient de l’obscurité prolifique, par trop semblables aux élucubrations de son esprit malade. Un souffle d’air rafraîchi par la neige traversait parfois l’atmosphère chargée d’âcre fumée, posant une caresse glacée sur ses joues brûlantes et ses lèvres sèches. »  

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